Dernier jour du grand rassemblement qui se tient depuis le 4 août, dans la région de Thiès, au Sénégal, en commémoration du dixième anniversaire de la prestation du « Serment de Malicounda ». En signant cette déclaration, en 1997, une trentaine de femmes s'engagaient à abandonner la pratique de l'excision au Sénégal et sur le continent africain.
C’est dans le village de Malicounda Bambara, dans la région de Thiès, qu’est partie le 31 juillet 1997, la célèbre déclaration publique pour l’abandon de l’excision. Elles étaient 35 femmes qui avaient osé mettre un terme à cette pratique traditionnelle africaine.
Aujourd’hui, elles viennent de plus de 2 300 villages du Sénégal, mais elles débarquent aussi du Mali, de la Guinée et même de la Mauritanie. Outre l’aspect festif, elles lanceront une campagne pour l’abandon total de l’excision au Sénégal et leur objectif, d’ici 2015, est d’obtenir une réduction de cette pratique sur l'ensemble du continent africain.
La campagne de cette année est intitulée JKB, une expression bambara qui signifie : « Réunissons-nous et décidons ensemble ». Dix ans après leur première déclaration, les femmes réunies cette fin de semaine, ne peuvent que se réjouir du résultat des actions menées depuis une décennie. Sur 5 000 villages recensés au Sénégal, plus de 2 300 ont abandonné l'excision grâce aux campagnes de sensibilisation, d’éducation et de prise de conscience sur les droits humains animées notamment par l’Unicef et l’organisation non gouvernementale locale, Tostan.
Au Sénégal, plus de 28% des femmes sont touchées par l’excision qui est une pratique que l’on trouve dans le nord et l’est du pays, mais aussi en Basse Casamance. Cet usage relève d'une pratique traditionnelle, qui n’a cependant aucune relation avec l’islam, rappelle l’islamologue Abdoul Aziz Kebe.
Source : RFI -
http://www.rfi.fr/actufr/articles/092/article_54859.asp