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Fièvre de la Vallée du Rift :de nouvelles cibles thérapeutiques et un candidat vaccin à l'essai
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Fièvre de la Vallée du Rift :
de nouvelles cibles thérapeutiques et un candidat vaccin à l'essai
Des équipes de recherche de l'Inserm et de l'Institut Pasteur viennent de découvrir le mécanisme de virulence du virus de la fièvre de la Vallée du Rift. Ce virus, souvent mortel chez l'homme, décime régulièrement les troupeaux de bétail en Afrique. La compréhension des interactions entre l'hôte et ce virus devrait permettre d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques contre la fièvre de la Vallée du Rift. Ces travaux, publiés dans la revue Cell, datée du 20 février 2004, soulignent également l'intérêt du candidat vaccin en cours de développement par les chercheurs de l'Institut Pasteur.
Une maladie émergente
Le virus de la fièvre de la Vallée du Rift est transmis majoritairement par des moustiques. En Afrique, il est responsable de vastes épidémies chez l'animal (épizooties), et chez l'homme. Au Kenya et en Somalie, en 1997-98, il a fait quelque 500 victimes humaines et tué des dizaines de milliers de têtes de bétail.
La maladie est considérée comme émergente puisqu'elle s'est étendue hors d'Afrique en 2000, touchant 863 personnes en Arabie Saoudite (120 décès) et plus d'un millier d'individus au Yémen (121 décès).
Le virus de la fièvre de la Vallée du Rift fait partie des agents potentiels de bioterrorisme : il est classé dans la liste A du NIH et du CDC américains aux côtés de la peste et du charbon. Chez l'homme, l'infection peut conduire à des encéphalites sévères et à des atteintes hépatiques avec fièvres hémorragiques graves et souvent mortelles.
Ce virus peut persister dans la nature, pendant plusieurs années, dans les œufs infectés d'insectes et pourrait réapparaître à l'occasion d'épisodes de pluies torrentielles, au moment de l'éclosion des oeufs.
Les équipes de Jean Marc Egly (Unité Inserm 596 " Biologie moléculaire et génie génétique "- IGBMC, Strasbourg) et Michèle Bouloy (Unité de Génétique Moléculaire des Bunyaviridés, Institut Pasteur, Paris) ont décrypté le mécanisme d'action du virus. Ils démontrent comment une protéine virale nommée "NSs" bloque la machinerie cellulaire de l'hôte. La protéine NSs est retrouvée sous une forme filamenteuse dans le noyau de la cellule infectée. C'est également dans le noyau qu'a lieu la fabrication d'un élément essentiel à la vie de la cellule, puisqu'il est à l'origine de la production des protéines : le "facteur de transcription TFIIH". La protéine filamenteuse capture littéralement les éléments nécessaires à la fabrication de TFIIH, mettant ainsi '"hors service" ce facteur vital.
Les chercheurs ont donc précisément identifié la cible du virus. Cela devrait permettre à l'avenir, de mettre au point des thérapeutiques spécifiques contre l'infection par le virus de la fièvre de la Vallée du Rift.
Des travaux marquant une double avancée
Cette collaboration démontre que la recherche s'inscrit dans un continuum. En effet, l'étude des mécanismes de régulation des gènes a permis l'application de la biologie moléculaire à la virologie.
Les chercheurs pointent également l'intérêt de poursuivre les recherches sur le facteur de transcription TFIIH, en dehors de son implication particulière dans la fièvre de la Vallée du Rift, car elles fourniront des informations essentielles sur l'intervention de ce facteur dans plusieurs mécanismes impliqués dans l'expression des gènes.
Enfin, ces résultats confortent les chercheurs de l'Institut Pasteur qu'ils sont sur la piste d'un bon candidat vaccin. Ils ont construit ces dernières années un vaccin génétiquement atténué, dans lequel le gène codant pour la protéine NSs du virus, qui, on l'a vu, est directement responsable de la virulence, a été supprimé.
Testé avec succès chez la souris, ce candidat vaccin a également montré son innocuité chez le mouton par des expériences menées en collaboration avec la Food and Drug Organisation (FAO) et l'Institut de l'Elevage Sénégalais. Les études se poursuivent pour développer dans un premier temps un vaccin vétérinaire. Mais ce candidat vaccin pourrait également être utile pour immuniser les personnes en contact avec le bétail.
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| November 28, 2005 | 11:15 PM |
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Aide-mémoire -Fièvre de la vallée du Rift
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Fièvre de la vallée du Rift
Généralités
La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une zoonose (maladie touchant principalement les animaux mais pouvant à l'occasion contaminer l'homme) qui peut provoquer une pathologie sévère tant chez l'animal que l'homme, entraînant une morbidité et une mortalité élevées. La mort du cheptel atteint de cette maladie est souvent à l'origine de pertes économiques substantielles.
Depuis 1930, date à laquelle on a isolé le virus pour la première fois au cours d'une enquête sur une épidémie touchant les moutons d'une ferme de la Vallée du Rift, au Kenya, on a observé des flambées en Afrique subsaharienne et en Afrique du Nord. Une flambée épidémique majeure est survenue en 1997-98 au Kenya et en Somalie. En septembre 2000, la FVR a été signalée pour la première fois en dehors du continent africain. Des cas ont été confirmés en Arabie saoudite et au Yémen. Cette épidémie dans la Péninsule arabique - territoire exempt jusque-là - pourrait s'étendre à d'autres parties d'Asie et d'Europe.
Une grande variété de moustiques peuvent véhiculer le virus de la FVR. Il existe donc un risque d'épizooties (épidémies chez l'animal) et d'épidémies associées chez l'homme consécutivement à l'introduction du virus dans une nouvelle région où ces vecteurs sont présents. Ce fait, souvent démontré dans le passé, continue d'inquiéter.
Le virus
Le virus responsable de la FVR appartient au genre Phlebovirus, l'un des cinq genres de la famille des Bunyaviridæ.
Les vecteurs
* Il se propage avant tout chez l'animal par l'intermédiaire de piqûres de moustiques infectés.
* Une grande variété de moustiques peuvent jouer le rôle de vecteurs mais, dans d'autres régions, d'autres espèces peuvent prédominer pour la transmission. De plus, les différentes espèces de vecteurs jouent des rôles différents dans le maintien de la transmission virale.
* Les moustiques du genre Aedes, par exemple, acquièrent le virus en s'alimentant sur des animaux infectés et ils sont capables de transmission transovarienne (le virus passe des femelles infectées à leurs descendants par l'intermédiaire des oeufs), de sorte que de nouvelles générations de moustiques peuvent éclore en étant déjà infectées.
Cela permet au virus de se maintenir durablement dans la nature, les œufs de ces moustiques pouvant survivre jusqu'à plusieurs années dans des conditions de sécheresse. En période d'inondation des gîtes larvaires, au moment de la saison des pluies par exemple, les œufs éclosent et la population de moustiques s'accroît et transmet le virus aux animaux sur lesquels elle se nourrit.
Les moustiques Aedes jusque-là exempts et d'autres espèces sucent le sang d'animaux infectés et virémiques (ayant des virus circulant dans le sang) ; ils amplifient ainsi et perpétuent la flambée en transmettant le virus aux animaux dont ils se nourrissent ensuite.
Hôtes du virus autres que l'homme
* La FVR peut contaminer de nombreux animaux et s'avérer grave pour bon nombre d'espèces domestiques : bovins, moutons, chameaux et chèvres. Les moutons semblent plus sensibles que les bovins et les chèvres moins.
* Les races exotiques, récemment introduites dans les zones d'endémicité, se comportent moins bien que celles adaptées depuis longtemps aux conditions locales.
* La sensibilité varie également en fonction de l'âge de l'animal : plus de 90 % des agneaux infectés par la FVR meurent, alors qu'il arrive que la mortalité ne dépasse pas 10 % chez les adultes.
* Le taux d'avortement chez les brebis touchées atteint près de 100 %. Une épizootie de FVR se manifeste en général d'abord par une vague d'avortements inexpliqués dans le cheptel. Ce peut être un des signes annonciateurs de l'épidémie.
Transmission à l'homme
* Au cours des épizooties, la contagion se produit soit par des piqûres de moustiques contaminés par la FVR, soit par le contact avec du sang, des liquides physiologiques ou des organes d'animaux infectés.
* Ce contact peut survenir lors des soins ou de l'abattage d'un animal infecté, mais également par ingestion de lait cru.
* Le virus pénétre dans l'organisme par inoculation (par exemple en cas de lésion de la peau ou de blessure avec un couteau souillé), ou encore par inhalation sous forme d'aérosol. Ce dernier mode de transmission a aussi abouti à la contamination de personnes travaillant dans des laboratoires.
Manifestations cliniques
* La période d'incubation (l'intervalle entre la contamination et l'apparition des symptômes) varie de deux à six jours pour la FVR.
* Elle est suivie par un syndrome grippal, avec installation brutale de fièvre, de céphalées, de myalgies (douleurs musculaires)et de douleurs dorsales. Certains malades développent également une raideur du cou, une photophobie (c'est-à-dire que l'exposition à la lumière leur est désagréable) et des vomissements ; dans ses premiers stades, la FVR peut alors être confondue avec la méningite.
* Ces symptômes durent en général de quatre à sept jours, après quoi la réponse immunitaire peut être détectée avec l'apparition d'IgM et d'IgG et la disparition du virus de la circulation sanguine.
Manifestations cliniques dans les cas graves
* La plupart des cas chez l'homme sont relativement bénins mais une petite proportion de patients développent une maladie beaucoup plus grave, qui apparaît en général sous la forme d'un ou plusieurs syndromes reconnaissables : pathologie oculaire, méningo-encéphalite (inflammation du cerveau et des méninges) ou fièvre hémorragique. La proportion des patients qui développent ces trois types complications se situe entre 0,5 et 2 % pour la pathologie oculaire et moins de 1 % pour la méningo-encéphalite ou le syndrome hémorragique.
* La fièvre et les autres symptômes décrits dans la section Manifestations cliniques ci-dessus peuvent se manifester en association avec une pathologie oculaire prenant la forme caractéristique de lésions rétiniennes. Celle-ci apparaît en général entre une et trois semaines après les premiers symptômes. Lorsque les lésions touchent la tache jaune, il arrive qu'une baisse permanente de l'acuité visuelle s'ensuive. Les décès sont rares chez les patients atteints seulement de la pathologie oculaire.
* Un autre syndrome se manifeste par une pathologie neurologique aiguë, sous forme de méningo-encéphalite. L'apparition de ce syndrome a lieu généralement entre une et trois semaines après les premiers symptômes. Les décès sont rares chez les patients atteints seulement de méningo-encéphalite.
* La FVR peut également prendre l'apparence d'une fièvre hémorragique. Deux à quatre jours après le début de la maladie, le patient présente les signes d'une atteinte hépatique grave avec un ictère et des phénomènes hémorragiques : vomissements de sang, sang dans les selles, purpura (rash provoqué par des saignements cutanés) ou saignements des gencives. Les malades atteints du syndrome hémorragique de la FVR peuvent rester virémiques jusqu'à 10 jours. Le taux de létalité est élevé pour le syndrome hémorragique - environ 50 %.
Diagnostic et traitement
* Le diagnostic de la FVR aiguë peut être posé à l'aide de plusieurs méthodes. Les tests sérologiques, comme le dosage immuno-enzymatique (par les méthodes « ELISA » ou « EIA »), peuvent mettre en évidence la présence d'IgM spécifiques pour le virus. On peut détecter le virus lui-même dans le sang durant la phase virémique de la maladie ou dans les tissus prélevés post-mortem par diverses techniques, comme la mise en culture ou l'inoculation d'animaux, les épreuves de détection des antigènes ou la PCR, méthode permettant de retrouver le génome viral.
* Les expériences de laboratoire ont montré que la ribavirine, médicament antiviral, inhibait la croissance du virus, mais elle n'a pas fait l'objet d'évaluations cliniques. La plupart des cas humains de FVR sont relativement bénins et de courte durée et aucun traitement spécifique n'est donc requis. Pour les cas plus graves, le principe est avant tout d'instaurer un traitement général d'appoint.
Prévention et lutte
* Des programmes durables de vaccination des animaux permettent de prévenir la fièvre de la Vallée du Rift. Des vaccins vivants, atténués ou tués ont été mis au point pour l'usage vétérinaire. Une seule dose du vaccin vivant confère une immunité à vie, mais celui qui est disponible actuellement pourrait provoquer l'avortement lorsqu'il est administré à des femelles gestantes. Les vaccins tués n'ont pas ces effets indésirables, mais il faut administrer de multiples doses pour obtenir la protection immunitaire, ce qui peut s'avérer problématique dans les zones d'endémicité.
* Un vaccin inactivé à usage humain a été mis au point. Celui-ci n'est pas homologué ni commercialisé mais on l'a utilisé expérimentalement pour protéger les vétérinaires et le personnel de laboratoire courant un risque élevé d'exposition à la FVR. D'autres vaccins candidats sont en cours d'étude.
* Le risque de transmission par du sang ou des tissus infectés existe pour les personnes travaillant avec des animaux contaminés ou pour la population au cours d'une flambée épidémique. Il convient de porter des gants et d'autres vêtements de protection adaptés et de faire attention lorsqu'on manipule des animaux malades ou leurs tissus. Les agents de santé s'occupant de cas suspects ou confirmés de FVR doivent mettre en oeuvre les précautions universelles lorsqu'ils prélèvent et manipulent les échantillons recueillis sur ces patients. Les malades hospitalisés seront isolés. Comme nous l'avons noté plus haut, le personnel de laboratoire est exposé, de sorte que les échantillons prélevés sur des cas suspects (humains ou animaux) aux fins de diagnostic doivent être manipulés par du personnel entraîné et traité par des laboratoires suffisamment équipés.
* Les autres méthodes de lutte contre cette maladie comprennent la protection contre les moustiques et la lutte antivectorielle. Les mesures personnelles sont importantes et efficaces. Chacun doit porter des vêtements de protection, comme des chemises à manches longues et des pantalons longs et utiliser des moustiquaires ainsi que des produits insectifuges et éviter les activités à l'extérieur à l'heure où les vecteurs piquent le plus. Les mesures de lutte antivectorielle, comme l'emploi d'insecticides, sont efficaces pendant les flambées si les conditions permettent l'accès aux gîtes larvaires.
De nouveaux systèmes de surveillance des modifications climatiques sont utilisés pour avertir à l'avance de la survenue éventuelle de flambées, en signalant les événements qui permettent de prédire un accroissement du nombre des moustiques. Les autorités peuvent alors mettre en œuvre les mesures voulues pour éviter l'épidémie imminente.
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| November 28, 2005 | 11:03 PM |
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2- Une flambée de fièvre de la vallée du Rift en Afrique orientale, 1997-1998
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Une flambée de fièvre de la vallée du Rift en Afrique orientale, 1997-1998 ( Suite)
Au cours de cette flambée, les échantillons concernés ont compris des sujets humains, du bétail, et des insectes. Une équipe internationale conduite par le Ministère de la Santé du Kenya a entrepris une étude transversale faisant appel à des sondages par grappes à plusieurs degrés basés sur la distribution de la population dans le district de Garissa, pour établir la prévalence des infections récentes par le virus de la fièvre de la vallée du Rift et pour étudier les facteurs de risque correspondants. Chez 75 % des 202 personnes touchées, l'eau avait pénétré dans les locaux d'habitation et 52 % d'entre elles ont dû être relogées. Dix-huit (8,9 %) sujets de l'échantillon de population étaient porteurs d'IgM anti-virus de la fièvre de la vallée du Rift; tous avaient des antécédents de maladie récente.
L'étude n'a pas mis en évidence de différence statistiquement significative en ce qui concerne la présence d'anticorps IgM décelables. On a pu établir l'existence d'une association statistique entre l'existence de contacts avec le bétail, selon différentes circonstances (garde de troupeaux, traite, abattage, présence des animaux dans les locaux d'habitation) et les signes sérologiques d'une infection aiguë par le virus de la vallée du Rift. L'enquête transversale qui a été menée a révélé que les propriétaires de bétail avaient annoncé environ 70 % de pertes. Outre la fièvre de la vallée du Rift, un certain nombre d'autres affections épizootiques telles que pneumonie non spécifiée, dermatite pustuleuse infectieuse, pneumonie, pasteurellose, hémonchose, pleuro-pneumonie caprine infectieuse, fièvre catarrhale maligne du mouton et gale ont été observées parmi les animaux. Ces affections ont contribué à la mortalité élevée observée parmi les animaux; il s'agissait souvent de complications liées à la station prolongée dans l'eau boueuse. L'étude sérologique des échantillons collectés dans le district de Garissa et d'autres zones par le personnel vétérinaire du Kenya est en cours. Début février, on a capturé 3 180 moustiques sur 3 sites de piégeage du district de Garissa dans le cadre d'une enquête entomologique. Trois des neuf espèces capturées avaient déjà été impliquées dans la transmission de la fièvre de la vallée du Rift (Anopheles coustani, Mansonia africana et M. uniformis). L'isolement du virus actuellement en cours permettra de déterminer si ces espèces sont en question.
Note de la rédaction de l'OMS : Le virus de la fièvre de la vallée du Rift a été isolé pour la première fois au Kenya en 1931. On s'est rapidement aperçu qu'il s'agissait de l'agent étiologique d'une épizootie associé à une mortalité périnatale marquée, et à des avortements en Afrique subsaharienne. La maladie s'est propagée à l'Égypte pour la première fois en 1977-1978 et on lui a attribué officiellement 18 000 infections et 598 décès chez l'homme; elle a également provoqué des avortements chez presque toutes les brebis gravides ainsi que la mort d'un certain nombre d'agneaux. Cette épizootie a tendance à réapparaître périodiquement en cas de précipitations abondantes qui inondent les dépressions naturelles du terrain, permettant ainsi l'éclosion de son vecteur et réservoir original, le moustique du genre Aedes associé aux inondations. Chez l'animal, la présence d'une virémie élevée entraîne l'infection des arthropodes vecteurs secondaires et amplifie la maladie chez l'homme et le bétail. La transmission à l'homme peut également se produire par contact avec des aérosols de sang ou de liquides organiques provenant des animaux virémiques comme ce fut le cas dans cette flambée. Chez l'homme, le tableau clinique se caractérise en général par une maladie fébrile bénigne, néanmoins 1 % à 2 % de ces infections peuvent évoluer vers une fièvre hémorragique ou une encéphalite mortelle; chez une proportion plus élevée de cas, il y a apparition d'une rétinite vasculaire ayant pour séquelle la perte de l'acuité visuelle.
L'ampleur de l'infection et l'impact économique de la flambée en cours sont difficiles à évaluer. Les premières estimations de la mortalité animale et humaine incitent à penser qu'il s'agit de la poussée la plus importante de fièvre de la vallée du Rift qui ait été signalée en Afrique orientale et la première à être officiellement enregistrée en Somalie. Si l'on s'appuie sur les données de séroprévalence et dans l'hypothèse que toutes les personnes vivant dans la province du Nord-Est, Kenya et dans le sud de la Somalie ont été exposées au risque d'infection, on peut évaluer à 89 000 le nombre total d'infections chez l'homme probables au Kenya et dans les pays voisins ayant des cas attestés. Parmi les explications qu'on peut avancer concernant la présence de cas de fièvre hémorragique négatifs pour le virus de la vallée du Rift, il y a le recours à une définition de cas très sensible, la manipulation défectueuse des échantillons, la présence d'autres agents pathogènes, la malnutrition et certaines toxines. Les cas d'infection évolutive n'ont pas subi d'examen clinique ni d'examens de laboratoire, et, bien souvent, on n'a pas non plus observé directement d'hémorragie. Certains des cas signalés s'expliquent par la présence, confirmée par des résultats préliminaires en laboratoire, d'autres agents viraux, le paludisme, le shigella dysenterie et la leptospirose. Les études en cours pourraient permettre de mettre en évidence la présence d'autres agents étiologiques et de déterminer dans quelle mesure ils étaient également impliqués dans cette flambée.
Les données satellitaires et des précipitations montraient une augmentation des pluies et de la végétation par rapport à la même période des années précédentes. Ces conditions sont favorables à la transmission de la fièvre de la vallée du Rift sur l'ensemble du territoire du Kenya et des pays voisins. Les résultats concordent avec divers rapports faisant état de cas confirmés dans au moins quatre provinces du pays (nord-est, est, centre et vallée du Rift), dans le sud de la Somalie, et dans le nord de la République-Unie de Tanzanie. On a également signalé des décès humains consécutifs à une fièvre hémorragique aiguë et des avortements parmi le bétail dans les pays voisins, mais on ne dispose pas d'échantillons permettant un diagnostic en laboratoire. Étant donné l'importance de la transmission et le caractère ineluctable de l'apparition de nouvelles flambées, il est indispensable de mettre au point des méthodes de prédiction, de prévention et de traitement de la fièvre hémorragique de la vallée du Rift. Des études longitudinales devront permettre d'identifier et de valider les résultats de la télédétection par satellite afin de délimiter les secteurs où la vaccination des animaux s'impose; il faut également accroître la surveillance des populations animales et humaines et les études entomologiques prospectives. L'identification précoce de la maladie devra permettre d'expérimenter de nouvelles thérapeutiques antivirales.
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| November 28, 2005 | 6:29 PM |
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Une flambée de fièvre de la vallée du Rift en Afrique orientale, 1997-1998
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À la mi-décembre 1997, le Ministère de la Santé du Kenya et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Nairobi ont eu communication de rapports faisant état de 478 décès inexpliqués dans la province du Nord-Est du Kenya et le sud de la Somalie. Le tableau clinique se caractérisait généralement par une fièvre d'installation brutale avec des céphalées suivie d'hémorragies (selles sanglantes, hématémèse et autres hémorragies de localisations muqueuses diverses). Les responsables locaux de la santé ont également signalé des taux élevés d'avortement spontané et de mortalité d'origine hémorragique parmi les animaux domestiques. Le présent rapport expose les résultats préliminaires de l'étude effectuée par la suite sur cette flambée : description des cas et résultats de l'enquête sérologique.
Les zones touchées avaient connu à partir de fin octobre 1997 des précipitations exceptionnellement fortes (60 à 100 fois supérieures aux précipitations normales) qui s'étaient poursuivies en janvier avec pour conséquence les inondations les plus graves dans la région depuis 1961. Les premières épreuves diagnostiques pratiquées sur 36 prélèvements d'origine humaine par le National Institute of Virology à Sandringham, en Afrique du Sud, et les Centers for Disease Control and Prevention à Atlanta, Géorgie, ont confirmé dans 15 cas (42 %), qu'il s'agissait d'une infection aiguë par le virus de la fièvre de la vallée du Rift, les méthodes mises en oeuvre étant la recherche d'anticorps IgM, l'isolement du virus et la RT-PCR appliquée à l'acide nucléique viral ainsi que les méthodes immuno-histochimiques.
La surveillance active entreprise par le Ministère de la Santé du Kenya, l'OMS et les organismes internationaux de secours entre le 18 et le 22 décembre 1997 dans 18 villages du district de Garissa, province du Nord-Est au Kenya (231 000 habitants) a identifié 170 décès dus à une «maladie hémorragique». De graves inondations et les distances importantes entre les sites ont rendu difficiles l'identification des cas et l'évaluation de la flambée. Malgré les contraintes imposées par la géographie le système de surveillance a néanmoins reçu des rapports et des échantillons sanguins de 231 cas de maladie hémorragique fébrile non identifiée, pour lesquels les dates de début se sont échelonnées du 25 novembre 1997 au 12 février 1998. La définition de cas a été établie comme suit : «sensation de fièvre perçue par le sujet, ou observée, avec signes d'hémorragie au niveau des muqueuses et des voies digestives». Des 115 cas correspondant à cette définition, 67 (58 %) étaient de sexe masculin, avec un âge médian de 30 ans (limites 3 à 85 ans) et pour 27 d'entre eux, il s'agissait effectivement d'une infection aiguë par le virus de la vallée du Rift, mise en évidence sérologiquement ou par détection du virus (figure 1). Des 116 personnes qui ne correspondaient pas à la définition de cas, 26 (22 %) présentaient aussi des signes d'infection aiguë par le virus de la vallée du Rift. Neuf patients ont présenté un syndrome neurologique et 5 des troubles de la vision. Outre les cas confirmés dans la province du Nord-Est et les provinces du Kenya, de Gedo, de Hiran et du Shabeelle inférieur en Somalie, on a également observé des cas aigus de fièvre hémorragique dans la province central (1 cas), orientale (9 cas) et dans la province de la vallée du Rift (12 cas) du Kenya (figure 2).
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| November 28, 2005 | 6:12 PM |
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FIÈVRE DE LA VALLÉE DU RIFT
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ÉTIOLOGIE
Classification de l'agent causal
Virus de la famille des Bunyaviridés, du genre Phlebovirus
Résistance aux agents physiques et chimiques
Température : Survit plusieurs mois à 4°C. Inactivé dans le sérum à 56°C pendant 120 minutes
pH : Résiste aux pH basiques mais est inactivé à pH <6,2
Agents chimiques : Inactivé par l'éther et le chloroforme
Désinfectants : Inactivé par les solutions fortes d'hypochlorite de sodium ou de calcium (le chlore résiduel doit dépasser 5 000 ppm)
Résistance : Résiste dans les produits d'excrétion desséchés et se multiplie dans l'organisme de certains vecteurs arthropodes ; peut résister à un contact avec du phénol à 0,5 %, à 4°C, pendant 6 mois
ÉPIDÉMIOLOGIE
* Mortalité élevée chez les jeunes animaux
* Taux élevé d'avortements
Hôtes
* Bovins, ovins, caprins, dromadaires, différents rongeurs
* Ruminants sauvages, buffles, antilopes, gnous, etc.
* L'homme est très sensible au virus (zoonose majeure)
* Les singes d'Afrique, les porcs et les carnivores domestiques présentent une virémie passagère
Transmission
* Le virus peut être transmis par des piqûres de nombreuses espèces de moustiques appartenant aux genres Aedes, Anopheles, Culex, Eretmapodites et Mansonia qui sont les vecteurs biologiques compétents de la maladie. Les moustiques du genre Aedes sont les hôtes réservoirs du virus.
* Contamination directe : la maladie se transmet aux personnes manipulant des animaux infectés et de la viande contaminée
Sources de virus
* Pour les animaux : espèces sauvages et domestiques vecteurs
* pour l'homme : écoulement nasal, sang, sécrétions vaginales après avortement chez l'animal, moustiques et viande contaminée. Eventuellement aérosols et lait cru infectieux
Répartition géographique
La fièvre de la vallée du Rift est signalée exclusivement dans les pays africains, notamment lorsque la pluviosité est importante et que les populations de moustiques vecteurs sont denses. Les seuls foyers épizootiques enregistrés en dehors de l'Afrique subsaharienne ont touché des hommes et des animaux en Égypte, en 1977-78 et en 1993. Des contaminations sont survenues en laboratoire dans d'autres parties du monde.
Pour obtenir des informations plus complètes, se référer aux numéros récents de Santé animale mondiale et du Bulletin de l'OIE.
DIAGNOSTIC
La période d'incubation varie de 1 à 6 jours
Diagnostic clinique
Bovins
* Veaux : hyperthermie (40-41°C), dépression, mortalité (10-70%)
* Adultes : hyperthermie (40-41°C), hypersalivation, anorexie, asthénie musculaire, diarrhée fétide, diminution de la production laitière ; le taux d'avortements dans un élevage peut atteindre 85 % ; la mortalité est généralement inférieure à 10 %
Ovins, caprins et porcins
* Agneaux : hyperthermie (40-42°C), anorexie, asthénie musculaire, mort dans les 36 heures suivant l'inoculation ; mortalité : jusqu'à 90 % chez les animaux de moins d'une semaine et jusqu'à 20 % chez les animaux de plus d'une semaine.
* Adultes : hyperthermie (40-41°C), écoulement nasal mucopurulent, vomissements ; chez les femelles gravides, le taux d'avortements peut atteindre 100 % et la mortalité 20 à 30 %.
Les infections inapparentes sont très fréquentes chez les autres espèces.
Homme
* Syndrome de type grippal : hyperthermie (37,8-40°C), céphalées, douleur et asthénie musculaires, nausées, gêne épigastrique, photophobie ; la guérison survient en 4 à 7 jours.
Complications : rétinopathie, cécité, méningo-encéphalite, syndrome hémorragique avec ictère, pétéchies et évolution mortelle.
Lésions
* Nécrose hépatique en foyer ou généralisée (foyers nécrotiques blancs d'environ 1 mm de diamètre)
* Congestion, tuméfaction et modification de la couleur du foie, avec hémorragies sous-capsulaires
* Foie de couleur brun-jaunâtre chez les avortons
* Hémorragies cutanées étendues, pétéchies ou ecchymoses sur les membranes séreuses (feuillet pariétal et viscéral)
* Tuméfaction, oedème, hémorragies et nécrose des ganglions lymphatiques
* Congestion et hémorragies du cortex rénal et de la vésicule biliaire
* Entérite hémorragique
* Ictère (faible fréquence)
Diagnostic différentiel
* Fièvre catarrhale du mouton
* Maladie de Wesselsbron
* Entérotoxémie du mouton
* Fièvre éphémère
* Brucellose
* Vibriose
* Trichomonose
* Maladie de Nairobi
* Cowdriose
* Avortement enzootique des brebis
* Plantes toxiques
* Septicémie bactérienne
* Peste bovine et peste des petits ruminants
Diagnostic biologique
Procédures
Identification de l'agent
* Isolement du virus :
o inoculation à la souris ou au hamster (méthode de choix)
o inoculation à des agneaux de 1-2 jours
o inoculation en oeuf de poule embryonné
o inoculation en culture tissulaire (lignées cellulaires VERO ou CER, BHK-21, lignées cellulaires de moustiques ou cultures primaires de cellules de rein ou de testicules de veau, agneau et cabri, associée à l'immunofluorescence
* Identification de l'antigène viral par immuno-fluorescence sur des coupes à congélation ou sur des empreintes directes de foie, de rate ou d'encéphale. Les épreuves de fixation du complément et d'immunodiffusion en gélose peuvent aussi être réalisées à partir d'homogénats tissulaires
* Détection de l'antigène dans le sang : immunodiffusion, méthode immuno-enzymatique
Tests sérologiques
* ELISA - IgG et IgM
* Neutralisation virale
* Immunofluorescence
* Inhibition de l'hémaglutination
* Réduction du nombre de plages
* Fixation du complément
* Immunodiffusion
Prélèvements
* Sang coagulé ou hépariné
* Plasma ou sérum
* Fragments de foie, de rate, de rein, de noeud lymphatique, sang du coeur et encéphale d'avorton. Les prélèvements doivent être adressés au laboratoire dans du formol tamponné à 10 % et dans de la glycérine en suspension saline conservée à 4°C
PRÉVENTION ET TRAITEMENT
Aucun traitement spécifique. Traitement symptomatique dans les cas sévères chez l'homme.
Prophylaxie sanitaire
Les mesures d'hygiène et la lutte contre les vecteurs s'avèrent peu efficaces
Prophylaxie médicale
* Vaccin à virus atténué (souche Smithburn)
o une inoculation confère une immunité de 3 ans
o pathogénicité résiduelle chez les femelles gravides (avortements)
o le vaccin est pathogène pour l'homme
* Vaccin à virus inactivé
o Nécessite deux inoculations et un rappel annuel
BIBLIOGRAPHIE
* Experts et Laboratoires de référence
* Classé comme une maladie de la Liste A (A080)
* Chapitre 2.1.8. du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres
* Code sanitaire pour les animaux terrestres
o Autres références - voir Index
* Santé animale mondiale de l'OIE.
* Situation zoosanitaire (Informations sanitaires)
@JM
réf: OIE
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| November 28, 2005 | 12:53 AM |
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